vendredi 27 juin 2008

Fortis : grande braderie, sauce américaine.

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Après Dexia, c'est au tour de Fortis de connaître les problèmes de crédit qui affectent le monde bancaire aux USA et en Europe.

En prise avec des problèmes de solvabilité, Fortis est acculée à diluer son capital et à liquider certains avoirs non stratégiques pour renflouer ses caisses.

La presse belge titre avec 1,5 milliards de renflouement [L'Echo : "Fortis va lever 1,5 milliard d'euros, le titre perd 13%"].

Mais, selon le Financial Times, une lecture plus acérée des chiffres officiels font monter les sommes allouées au renflouement à 8 milliards [Financial Times :"Fortis seeks to boost solvency by €8bn"].

Selon l'Echo, les analystes Belges désapprouvent la manoeuvre de renflouement [L'Echo : "Une surprise désagréable"].

Et le blog du Financial Times n'y va pas avec le dos de la cuiller, qui titre : "Idiot capital raising, Fortis edition".

Sur la seule demi-journée de ce jeudi on annonçait une chute de 13% du titre en bourse.

Bloomberg, dont les rédacteurs belges signent un excellent article, offre un peu de recul historique sur l'événement, et le replace dans le contexte de la déconfiture bancaire mondiale [Bloomberg : "Fortis Scraps $2 Billion Payout, Sells Shares, Assets"].

Rappelons que Fortis a déjà cédé en mars quelque 49.9 % de sa branche investissements à l'assureur chinois Ping An dans le but de se renflouer, à hauteur de 2,15 milliards d'euros [L'Echo : Ping An dans Fortis Investment?].

Ca commence à faire beaucoup.

Pour rappel, Dexia, dont la filiale FSA ('rehausseur de crédit' U.S.) est en ce moment sous le feu nourri des spéculateurs à la baisse ('short-sellers'), a dû recapitaliser d'urgence sa filiale pour juguler la crise de confiance qui s'amorçait [L'Echo : "FSA promise au même scénario que MBIA et Ambac"

Selon Mr. Ackman, short-seller de son état, FSA a multiplié les garanties et les investissements dans les emprunts hypothécaires et sous-estimé les risques.

Rien que ce jeudi matin, le titre Dexia a perdu 5%.

Quand on vous disait que la Belgique n'est pas à l'abri de la crise américaine... pour ceux qui n'ont pas froid aux yeux, lire notre analyse de dimanche dernier.

Nous avions raporté dimanche un risque de propagation à la Belgique des problèmes qui affectent les banques Américaines. Nous aurions toute les raisons d'être contents de nous si les nouvelles du jour ne s'avéraient pas aussi pessimistes...

Votre belge banque est certainement parmi celles-cis, dont le titre a baissé de 50% en moyenne sur 18 mois :



Les baisses spectaculaires de ce jeudi matin seront à retrancher de ces cours déjà particulièrement raplatis.
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